La géopolitique et l’inflation ont continué de donner le ton sur les marchés en mai
Christofer Govaerts
La géopolitique, l’inflation et les anticipations de taux ont orienté les marchés en mai. Découvrez les principales tendances en matière de croissance, d’actions, de taux et de matières premières.
L’essentiel :
En mai, les marchés financiers ont une nouvelle fois été marqués par les tensions géopolitiques et les signaux économiques. Aux Etats-Unis, le ralentissement de la croissance se confirme, tandis que les prix restent sous surveillance. Dans ce contexte, les banques centrales privilégient pour le moment une posture prudente, et les investisseurs se projettent avec précaution vers l’avenir.
Malgré ces incertitudes, les marchés ont fait preuve d’une résilience remarquable : les performances boursières restent positives et un climat plus apaisé s’est progressivement installé en fin de mois. Cet article revient sur les principales évolutions de mai en les replaçant dans un contexte économique plus large.
Les tensions géopolitiques ont continué de dominer les marchés. Il apparaît désormais de plus en plus clairement que le conflit au Moyen-Orient commence également à affecter la dynamique macroéconomique.
Aux Etats-Unis, la croissance du premier trimestre s’est révélée plus faible qu’initialement estimé, en grande partie sous l’effet d’un recul de la consommation. Cette évolution concorde avec les récentes enquêtes auprès des ménages : le moral des consommateurs se détériore, la confiance bascule en territoire négatif et les anticipations d’inflation repartent à la hausse.
Inflation et perspectives économiques aux Etats-Unis et en Europe
La publication de l’inflation à la production aux Etats-Unis, à la mi-mai, a surtout provoqué – bien que temporairement – des turbulences tant sur les marchés obligataires que boursiers. En Europe, les principales enquêtes de confiance dressent, quant à elles, un tableau plutôt prudent pour les six prochains mois. Les tensions inflationnistes y restent présentes, même si leur impact sur l’inflation sous-jacente demeure, à ce stade, encore limitée.
Banques centrales et anticipations de taux
Du côté des banques centrales, la situation est restée relativement calme, même si les anticipations de marché ont évolué. Kevin Wash a désormais été officiellement nommé président de la Réserve fédérale (Fed), mais les investisseurs n’envisagent pas, pour l’instant, de baisses de taux – bien au contraire. Ils anticipent plutôt un statu quo de la Fed cette année, tandis que les marchés commencent progressivement à se positionner en vue d’une première hausse de taux dès mars 2027.
En Europe, le scénario se veut différent : on s’attend à une première hausse des taux en juin (+25), suivie d’une deuxième en septembre (+25) et éventuellement d’une troisième en décembre (+25) cette année.
Marchés actions : la tendance positive se maintient
Sur les marchés financiers, l’optimisme reste globalement de mise. Après le fort rallye d’avril, les Bourses ont poursuivi leur progression en mai, affichant des performances positives.
Dans le monde occidental, les Etats-Unis ont de nouveau pris la tête, avec une hausse de 5% pour le marché global (technologie +7%), tandis que l’Europe est restée quelque peu en retrait avec un gain d’environ 3%.
L’optimisme s’est une fois de plus manifesté en Asie, où la Corée du Sud (+28%), Taïwan (+15%) et le Japon (+11%) ont pris les devants.
Volatilité, taux et matières premières
Parallèlement, la volatilité est restée perceptible, notamment sur le marché obligataire à la mi-mai. Vers la fin du mois, une détente des taux s’est installée, permettant également aux obligations de clôturer le mois sur une note positive (rendement des obligations d’Etat européennes à 10 ans +1%).
Sur les marchés des matières premières, le prix du pétrole a reculé de 14%, porté par l’espoir d’un accord imminent au Moyen-Orient, tandis que l’or est resté quasiment stable.
Du côté des devises, la situation est restée relativement calme, avec un EUR/USD oscillant autour de 1,16.
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