Avril sous haute tension : géopolitique, perspectives de taux et gagnants inattendus

08 Mai 2026 -
Christofer Govaerts
Chief economist & strategist

Découvrez comment les tensions géopolitiques, les perspectives de taux et les pressions inflationnistes ont façonné les évolutions économiques en avril 2026. Analyse de la Fed, de la BCE, des marchés actions et obligataires.

Les tensions géopolitiques dominent à nouveau la scène économique 

A l’instar du mois de mars, avril a été largement dominé par des tensions géopolitiques. Celles-ci se sont également reflétées dans les dernières communications des institutions internationales (OCDE, FMI), ainsi que dans les décisions de taux et les commentaires qui les ont accompagnées du côté de la Fed et de la BCE en fin de mois.

Le fil conducteur reste le même : quelle sera la durée de ce conflit et quels en seront les impacts sur la croissance et l’inflation selon l’horizon considéré ?

A cet égard, les rapports économiques du premier trimestre aux Etats-Unis et en Europe sont révélateurs. Aux Etats-Unis, on observe une pression accrue sur les prix, tandis que les indicateurs montrent que le consommateur en subit les conséquences. Néanmoins, la composante investissement, bien que plus modeste, compense largement cette faiblesse, permettant la dynamique de croissance de rester globalement solide (2% en rythme annualisé). Les investissements liés à l’IA y contribuent d’ailleurs de manière significative. 

En Europe, les données du premier trimestre pointent davantage vers une situation de stagnation, alors même que les tensions inflationnistes restent perceptibles dans les indicateurs économiques.

Les banques centrales retiennent leur souffle : la prudence est de mise à la Fed et à la BCE

Tant la Fed que la BCE ont maintenu le statu quo à la fin du mois d’avril. La BCE adopte toutefois une posture défensive, intégrant dans ses scénarios une croissance décevante ainsi que des pressions inflationnistes potentielles liées au conflit au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les marchés sont progressivement préparés à d’éventuelles hausses de taux à l’automne (trois relèvements de 25 points de base), à partir de juin. 

Du côté de la Fed, l’enjeu se situe ailleurs : la pression politique en faveur de baisses de taux s’est atténuée à la lumière des indicateurs économiques, laissant place à un jeu politique plus marqué entre Jerome Powell et Donald Trump. En principe, Powell devrait être remplacé en mai par Kevin Warsh à la présidence du FOMC. Il a néanmoins déjà indiqué son intention de demeurer, pour un certain temps, gouverneur disposant d’un droit de vote, assurant ainsi la continuité du rôle de « garde-fou ». 

Dans ce contexte, le marché n’anticipe pas de modification des taux directeurs de la Fed cette année.

Federal Reserve

The Federal Reserve ("the Fed") of the United States

Les marchés boursiers déjouent les incertitudes

Malgré les incertitudes géopolitiques qui ont marqué le mois écoulé, l’appétit pour le risque est resté étonnamment robuste. En avril, les marchés boursiers ont enregistré de solides performances à l’échelle mondiale, la Bourse américaine affichant même son meilleur mois depuis novembre 2020, lors de l’annonce du vaccin contre le COVID. 

Les grands gagnants du mois sont toutefois les marchés émergents, avec en tête l’Asie (notamment la Corée et Taïwan), qui se sont imposés comme les principaux moteurs de cette dynamique. A l’échelle mondiale, les marchés actions ont ainsi généré des gains en euros compris entre 14% (marchés émergents) et 6% (Europe). 

Inflation : pression sur les obligations, stabilité du dollar

Du côté des marchés obligataires, la dynamique a été sensiblement différente. Le regain de tensions inflationnistes a exercé une pression à la hausse sur les taux longs, pénalisant ainsi les obligations sans risque, pour lesquelles le mois s’est révélé peu favorable. 

Les segments obligataires plus risqués (haut rendement, obligations d’entreprises investment grade et dette des marchés émergents) ont toutefois réussi à afficher des performances modestes mais positives, bénéficiant du sillage favorable des marchés actions. 

La remontée des taux s’est en revanche révélée défavorable à l’or, actif dépourvu de coupon. Enfin, le dollar américain est resté relativement stable, évoluant dans une fourchette étroite autour de 1,17 face à l’euro. 

 


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