Déclaration fiscale 2026 : ce qu’il faut retenir pour vos revenus, placements et obligations déclaratives
Solange Saghbini
Découvrez les règles essentielles pour votre déclaration fiscale 2026 : délais, fiscalité des placements, exonération de dividendes, taxe sur les comptes‑titres, revenus étrangers et obligations déclaratives. Un guide clair pour vos revenus 2025.
Comme chaque année, à la même période, il sera bientôt temps de remplir et introduire votre déclaration annuelle à l’impôt des personnes physiques (année de revenus 2025, exercice d’imposition 2026). Pour les revenus de l’année 2025, aucun changement majeur n’est à épingler pour ce qui touche à la fiscalité de vos placements et de votre épargne. Ci-dessous, nous revenons avec vous sur certains éléments à garder toutefois à l’esprit en la matière.
En revanche, concernant la fiscalité liée au crédit, un changement notoire a été introduit pour l’année de revenus 2025: il n’est désormais plus possible de déduire de vos revenus immobiliers les intérêts des crédits liés (suppression de la déduction dite ordinaire des intérêts au fédéral). Cette suppression s’applique aussi aux crédits en cours, sans mesure transitoire prévue.
Quelques rappels de principe
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est bon de se rappeler quelques règles de fond. En tant que personne physique résidente fiscale belge, cette déclaration porte sur vos revenus mondiaux de toute nature, qu’il s’agisse de vos revenus professionnels, mobiliers, immobiliers ou divers. Déclaration ne signifie pas nécessairement taxation (nous y reviendrons plus loin).
En outre, certains revenus ne doivent pas être obligatoirement déclarés entre autres vos revenus mobiliers (dividendes, intérêts) ayant déjà subi à la source (dans la grande majorité des cas, via votre institution financière belge), la retenue du précompte mobilier belge.
Solange Saghbini - Senior Tax Advisor
Délais d’introduction
Si vous remplissez vous-même votre déclaration fiscale, la date ultime d’introduction est différente selon que vous passiez par la version électronique ou papier et est fonction de sa « complexité » ou de la nature de certains revenus.
- En version papier : jusqu’au 30 juin 2026 (même si vous passez par un mandataire).
- Version tax on web : jusqu’au 15 juillet 2026 (y compris si vous passez par un mandataire).
- Si vous devez reprendre des revenus dits spécifiques dans votre déclaration (par exemple : revenus de dirigeant d’entreprise, revenus professionnels étrangers, bénéfices et/ou profits,…), le délai maximal d’introduction est fixé au 16 octobre 2026 pour la déclaration en version électronique (tant pour vous que pour votre mandataire éventuel).
Si vous avez reçu une proposition de déclaration simplifiée, nous vous recommandons vivement de vérifier les données pré-complétées et ce, également via tax on web, et d’autant plus si votre situation personnelle ou patrimoniale a changé depuis la dernière déclaration introduite. Vous retrouverez de plus amples informations via le lien suivant Proposition de déclaration simplifiée | SPF Finances notamment quant aux données à vérifier.
Revenus immobiliers étrangers
Pour rappel, la manière de déclarer les revenus immobiliers étrangers (de biens non loués ou loués à des fins privées) est alignée sur la déclaration des revenus immobiliers belges. Ainsi, si vous avez la chance d’avoir une seconde résidence sous des cieux plus ensoleillés, il vous faudra reprendre le revenu cadastral non indexé de ce bien, tel qu’il vous a été communiqué par l’administration fiscale belge. Pour rappel, ce revenu ne sera pas taxé comme tel mais entrera en ligne de compte pour fixer votre taux d’imposition sur l’ensemble de vos revenus au global (on parle de réserve de progressivité dans le jargon fiscal). N’hésitez pas à consulter notre article Seconde résidence : impacts fiscaux et patrimoniaux à connaître pour de plus amples informations à ce sujet.
Exonération d’une corbeille de dividendes
Si vous avez perçu au cours de l’année 2025, des dividendes ayant fait l’objet d’une retenue du précompte mobilier belge, vous pouvez mentionner le montant du précompte mobilier à récupérer (et donc pas le montant des dividendes exonérés) dans votre déclaration fiscale aux codes 1437/2437 dans le cadre VII relatif aux revenus des capitaux et biens mobiliers.
En effet, une certaine quotité de dividendes peut être exonérée par le biais de votre déclaration annuelle. Pour l’année de revenus 2025 (exercice d’imposition 2026), comme pour l’année passée, la tranche dite « exonérée » s’élève à 833 euros maximum et vous pouvez donc espérer un avantage fiscal de 249,90 euros maximum (si le précompte mobilier belge retenu l’a été au taux de 30%) et ce, par contribuable. Le montant à récupérer est alors déduit de l’impôt à payer ou vous est remboursé si aucun impôt n’est à payer.
Les pièces justificatives doivent être tenues à la disposition de l’administration fiscale en cas de contrôle même s’il ne faut pas les joindre à votre déclaration. Les banques n’étant pas obligées de fournir un document ou une attestation ad hoc, il s’agit en principe des extraits de compte/documents probants relatifs au paiement du(des) dividendes(s) sur le(s)quel(s) vous demandez la récupération du précompte mobilier belge retenu et qui reprennent entre autres le nom de la société distributrice, le montant brut attribué, le taux du précompte mobilier belge retenu, la date de perception/attribution du (des) dividende(s), ...
Nous vous rappelons que tant les dividendes d’actions belges que d’actions étrangères entrent ici en ligne de compte. Les dividendes issus de fonds d’investissement de type SICAV ne sont, par contre, pas éligibles à ce régime. Vous pouvez vous-même choisir pour quel(s) dividende(s) parmi ceux éligibles vous demandez la récupération du précompte mobilier.
Pour les éventuels dividendes recueillis à l’étranger et qui n’ont pas été soumis à la retenue d’un précompte mobilier belge, il suffit de ne pas déclarer la corbeille maximum de 833 EUR.
Taxe sur les comptes-titres
Nous vous rappelons que, pour vos comptes-titres détenus en Belgique, la taxe sur les comptes-titres (au taux de 0,15 %) est retenue automatiquement et obligatoirement à la source par votre institution financière belge, sur la valeur moyenne de votre compte-titres si le seuil d’un million d’euros est dépassé et cette retenue présente un caractère libératoire. Pour la période de référence standard qui s’est clôturée au 30 septembre 2025, les institutions financières ont procédé à cette déclaration et ce paiement pour le 20 décembre 2025. Autrement dit, vous ne devez plus rien faire.
Si par contre, vous détenez des comptes-titres à l’étranger (notamment via des plateformes de trading), il vous faudra procéder vous-même au
- calcul de cette valeur moyenne,
- ensuite calculer la taxe due le cas échéant (si le seuil est dépassé),
- procéder à la déclaration de cette taxe (via un formulaire distinct en version papier uniquement à ce jour et dans un délai identique à celui de votre déclaration annuelle à l’impôt des personnes physiques)
- et la verser aux autorités fiscales (pour le 31 août 2026 au plus tard, pour la période de référence qui s’est terminée le 30 septembre 2025).
Toutes les infos sont à nouveau disponibles sur le site du SPF Finances.
Comptes et assurances-vie individuelles à l’étranger
Par ailleurs, il est obligatoire de mentionner dans le cadre XIII, aux codes 1075 et/ou 1076 les comptes dont vous (ou votre conjoint/cohabitant légal) êtes titulaires à l’étranger et/ou les assurances-vie dont vous (ou votre conjoint/cohabitant légal) êtes le preneur à l’étranger.
Revenus mobiliers perçus directement à l’étranger
Enfin, si vous percevez des revenus mobiliers à l’étranger (dividendes, intérêts,…) sans intervention d’un intermédiaire belge et que ceux-ci n’ont pas subi la retenue de précompte mobilier belge adéquate, vous êtes dans l’obligation de les reprendre dans votre déclaration, cadre VII « revenus de capitaux et biens mobiliers », point A. 2. b) (en général, sous les codes 1444 et 2444 , qui concernent les revenus mobiliers soumis au taux standard de précompte mobilier belge de 30%).
En conclusion
Bien que l’année 2025 ne soit pas en elle-même porteuse de changements majeurs en termes de fiscalité des placements et de l’épargne (hormis pour ce qui a trait à la fiscalité liée à certains crédits), veillez bien à introduire votre déclaration dans les temps en n’omettant pas de faire valoir certains avantages. Par ailleurs, la détention d’éléments de patrimoine à l’étranger appelle une vigilance particulière, Ainsi, vous conformer à vos obligations fiscales en la matière vous évitera de vous exposer à un contrôle plus approfondi.
Articles associés
Où paie-t-on les droits de succession et de donation en Belgique ?
Succession et fiscalité
Article
Où paie-t-on les droits de succession et de donation en Belgique ?
Nouvelle taxe belge sur les plus-values dès 2026 : ce qu’il faut savoir
Succession et fiscalité
Article
Nouvelle taxe belge sur les plus-values dès 2026 : ce qu’il faut savoir
Outils digitaux pour la planification successorale : donner et hériter dans un monde en ligne
Succession et fiscalité
Article