24 mars 2020

Les chiffres "terribles" placés dans un contexte historique

Christofer Govaerts

Chief Strategist

Des journaux titrent : ‘C’est pire qu’en 2008, et même qu’en 1929 !!’

Le week-end dernier, de nouvelles prévisions économiques ont été diffusées dans le monde (T2 et 2020 dans son ensemble). Je ne vais pas reprendre ces chiffres ici, mais je peux vous dire qu'ils ne sont pas beaux. Et cela n’aurait aucun sens de nier cette réalité. Bien sûr, les Cassandre de ce monde s’en donnent à cœur joie : « la fin du monde est là, c'est pire que jamais ! »
Quelle importance devons-nous y attacher ? Nous avons déjà vu ce film, est-il pire ou différent aujourd'hui ? J'essaierai - en toute modestie - de placer la situation actuelle dans un contexte historique. Ceci est basé sur mon expérience en 2008 et la littérature. Evidemment, il s’agit d’une opinion personnelle et non du Saint Graal.

Une comparaison avec 2008

La grande crise financière a été déclenchée par une très grande absence de régulation des marchés d'une part, et par la présence d'une complaisance générale d'autre part. Et cette dernière s’est largement manifestée auprès notamment des investisseurs, des décideurs de crédit et des acteurs importants tels que les banques centrales. On craignait à l'époque que les risques systémiques - le système bancaire international qui était sur le point d'imploser - entraînent l'ensemble de l'économie réelle avec elle.

Aujourd'hui, nous constatons quelques similitudes au travers de réactions de marché analogues : problèmes de liquidités, primes de risque volant en éclat. etc. Vit-on un 2008 2.0 ? Je n'en suis pas convaincu. En 2008, les décideurs politiques n’avaient aucune expérience dans le domaine de la gestion exceptionnelle des crises. Il n’existait pas de scénario spécial et il a fallu beaucoup de créativité et de travail expérimental pour calmer le marché après 6 mois (mars 2009). Nous avions subi beaucoup de dégâts économiques à court terme, mais cela s'est également amélioré au cours des mois et des années qui ont suivi (à l’exception de la zone euro).

Aujourd'hui, un cocktail spécial a été proposé au menu : un choc combiné entre l'offre et la demande, et ce, à l'échelle mondiale. L'avantage est que nous avons maintenant à portée de main une boîte de secours expérimentale pouvant servir de plan B et que celle-ci a déjà été testée. Nous avons déjà agi dans le style de 2008, mais de manière plus drastique et, surtout, plus rapide au niveau de l’anticipation. Je suis dès lors un peu plus à l'aise qu’en septembre/octobre 2008. Toutes les personnes aux commandes savent de quoi l’on parle. Reste à savoir : quels sont les dommages à court et moyen terme sur la conjoncture ? Est-ce la Grande Dépression 2.0 ?

2020 vs 1930 - pourquoi cela pourrait être différent maintenant ?

D'abord et avant tout, 1929 était différent, aussi parce que nous étions alors dans un environnement géopolitique différent (les USA et le monde entier étaient plus ou moins dans un contexte de ‘splendid isolation’). Cependant, et plus important encore, les mesures politiques prises au lendemain de 1929 ont été très contre-productives jusqu'à la fin de 1932. En effet, les politiques étaient assez restrictives en termes budgétaires et monétaires, en particulier aux Etats-Unis.

De cette façon, la récession a eu un impact de plus en plus important sur le système, ce qui a semé les germes de la dépression. A partir de 1933, cependant, c'était une autre histoire. Des plans de soutien ont été lancés dans le monde entier : certains pour la charité (par exemple, le New Deal de Roosevelt, Suède), d'autres avec des ambitions plus sombres à l'esprit (Hitler). La politique monétaire a également été assouplie et là aussi, nous avons vu des questions expérimentales à l'œuvre (Reischbank, Hjalmar Schacht). Aujourd'hui, nous voyons des similitudes avec 1929-1933. Mais à présent, nous n'attendons pas 4 ans pour agir et prendre les mesures drastiques nécessaires à l'échelle mondiale. Et cela me donne de l'espoir.

Historia magister vitae est ? 

En un mot, je vois de nombreuses initiatives positives se manifester aujourd'hui. Et compte tenu des leçons du passé, ces initiatives arrivent plus vite. Est-ce un coup dur ? La reprise nous donnera-t-elle du fil à retordre ? Sans aucun doute. Les actions d'aujourd'hui sont-elles suffisantes pour assurer le succès à terme ? Pas certain, mais j'ai l'impression que de nos jours, on agit et comment !

Dans des moments comme celui-ci, des personnes spéciales prennent les devants. Il y a quelques semaines, j'avais un sentiment pessimiste à ce sujet. Aujourd'hui, je l’envisage de façon plus positive. La prise de conscience que la situation est grave et qu'il faut une intervention coordonnée à l'échelle mondiale est bien présente. Et elle s’accélère. Donc, en ce qui me concerne, le verre est encore à moitié plein.

J'adore le peintre Edward Hopper. Et John Steinbeck – Des souris et des hommes - était un écrivain doué. Profondément enfuie, une petite voix me dit que le livre que nous écrivons aujourd’hui aura une fin légèrement meilleure.

Prenez soin de vous,

Christofer Govaerts
Senior strategist
23/03/20

Restez informé

En vous abonnant à la newsletter de la banque, vos données à caractère personnel sont recueillies par la Banque Nagelmackers S.A., responsable de traitement, dont le siège social est situé Avenue de l’Astronomie 23 à 1210 Bruxelles, numéro d’entreprise 0404.140.107. Sauf opposition de votre part, ces données sont traitées à des fins de marketing sur la base de l’intérêt légitime de la banque (liberté d’entreprendre et marketing direct).

Pour toute information complémentaire, nous vous invitons à prendre connaissance de la Déclaration Vie Privée de la banque, disponible sur nagelmackers.be/fr/vie-privee et dans toutes les agences de la banque.

Pour pouvoir vous transmettre ses offres commerciales par courrier électronique, la banque a également besoin de votre consentement préalable. Ce consentement n’est toutefois pas indéfini. Vous avez toujours la possibilité de nous informer de votre volonté de ne plus recevoir de publicités par courrier électronique, en vous désinscrivant de notre liste de marketing par courrier électronique.

Si vous ne souhaitez pas donner votre consentement, vous ne recevrez pas d’offres commerciales par courrier électronique pour les produits et services financiers commercialisés par la banque.

Par la présente, je déclare avoir pris connaissance de ce qui précède et donne mon consentement à la banque de m’adresser ses offres commerciales par courrier électronique.

Je comprends, par ailleurs, que j’ai le droit de m’opposer au traitement de mes données à caractère personnel pour des finalités de marketing direct.

Quel est votre objectif ? Parlez-en à un conseiller Nagelmackers. Ensemble, vous élaborerez une stratégie à long terme.

Prenez rendez-vous